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Quand la course à la croissance chez ADP se heurte au mur du carbone
information fournie par AOF 15/09/2026 à 07:13
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(Zonebourse.com) - Les grands aéroports européens pourront-ils continuer à accueillir toujours plus de passagers tout en respectant les objectifs climatiques du continent ? "Non", répond clairement l'ONG Transport & Environment (T&E), dans son dernier rapport.

L'étude de T&E s'intéresse à une vingtaine d'aéroports répartis dans dix pays européens. Le constat est sans appel : toutes les plateformes dépasseront les budgets carbone que T&E juge compatibles avec un réchauffement limité à 1,7°C, avec une probabilité de 67%. Et ni le renouvellement des flottes au profit de matériel moins polluant, ni le développement des carburants d'aviation durables (SAF) ne suffiront à éviter ces dépassements.

Ainsi, même en Allemagne, en Suisse et en Autriche, soit les trois pays où aucun grand projet d'expansion n'est prévu, "la simple croissance prévue du trafic suffit à faire dérailler la trajectoire climatique", souligne le rapport.

Au total, les aéroports étudiés par l'ONG devraient émettre d'ici 2050 environ deux à trois fois le volume de CO2 que T&E leur attribue pour limiter le réchauffement à 1,7°C, même après avoir pris en compte le développement des SAF et des avions plus efficaces. La plupart auraient consommé l'intégralité de leur enveloppe dès les années 2030. Au total, les projets d'expansion ajouteraient 225 millions de tonnes de CO2 par rapport aux capacités actuelles.

Et "aucune amélioration plausible des carburants ou des moteurs ne permettra de combler l'écart à temps", avertissent les auteurs.

La technologie ne compensera pas la croissance du trafic

En effet, les gains technologiques ne sont pas ignorés dans les calculs : les projections intègrent les obligations européennes en matière de SAF ainsi que les améliorations d'efficacité énergétique retenues par la Commission européenne pour son objectif climatique à 2040.

T&E retient notamment une baisse de l'intensité énergétique des avions de 27% en 2040 et de 34% en 2050 par rapport à 2015. L'étude intègre également la montée en puissance des SAF prévue par ReFuelEU, de 2% des carburants en 2025 à 6% en 2030, puis 70% en 2050.

Mais ces progrès seraient plus que compensés par la hausse du nombre de passagers. Selon une précédente analyse de T&E reprise dans le rapport, les avions décollant des aéroports européens pourraient ainsi consommer près de 60% de carburant supplémentaire en 2050 par rapport à 2019. Même avec les obligations sur les SAF, leurs émissions resteraient en 2049 moins de 3% sous leur niveau de 2019. "La croissance annule les propres plans de décarbonation du secteur", estime l'organisation.

Paris-CDG, symbole du paradoxe français

La France illustre bien cette contradiction. En 2021, Paris avait abandonné le projet de terminal 4 de Charles de Gaulle, qui aurait permis d'accueillir jusqu'à 40 millions de passagers supplémentaires par an, en invoquant notamment son impact environnemental. Mais ADP prévoit désormais de faire passer la fréquentation de CDG de 72 millions de passagers en 2025 à près de 90 millions en 2035, puis 105 millions à l'horizon 2050, avec un programme d'investissements de 6 milliards d'euros entre 2027 et 2034.

Les associations écologistes n'hésitent pas à dénoncer ce projet comme étant "actuellement le plus climaticide de France".

Selon T&E, la trajectoire envisagée par ADP ajouterait environ 25 millions de tonnes de CO2 aux émissions cumulées de Charles de Gaulle d'ici 2050, par rapport à un scénario maintenant la capacité actuelle. L'aéroport disposerait, selon la méthodologie de T&E, d'un budget carbone de 133 millions de tonnes, mais en émettrait au moins 287 millions entre 2025 et 2050. Son enveloppe serait ainsi épuisée dès 2036.

Contacté, le groupe ADP n'a pas répondu à nos sollicitations.

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Cette analyse a été élaborée par AOF et diffusée par BOURSORAMA le 15/09/2026 à 07:13:00.

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